C’était le 14 février, il y a un eu plus d’un an.
Un jour qui célèbre l’amour… et ce jour-là, j’ai fait un acte d’amour envers moi-même sans le savoir.
Je tombe par hasard sur une vidéo TikTok. L’humoriste Laura Laune y parle de son quotidien avec l’autisme.
Je swipe. Deux fois. Mais quelque chose me retient. Une petite voix intérieure me dit :
“Reviens en arrière. Écoute ça.”
Alors j’écoute. Et là… je suis troublée.
C’est comme si elle parlait de moi, de mes ressentis, de mes difficultés silencieuses, de mes luttes invisibles, de mon monde intérieur. Comme si elle me connaissait.
S’ouvre alors un monde inconnu… mais étrangement familier.
Le mental prend une grosse claque “Non, c’est pas possible… personne ne s’en serait rendu compte ?”
Alors je cherche. Je plonge. Je lis, j’écoute. Et cette enquête va durer plusieurs mois.
Je fais un premier test en ligne, réputé fiable. Score : 92/100. Et en bonne neuro-atypique, je lis d’abord le résultat à l’envers…
Avant de comprendre : j’ai un score élevé de neuro-atypie. Je pleure.
Mais la neuro-atypie, c’est quoi ?
C’est un fonctionnement neurologique différent de la norme, qui englobe entre autres :
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Le TSA (Trouble du Spectre de l’Autisme) alors on ne dit plus Asperger, on parle de TSA avec ou sans défaillance intellectuelle, car certaines formes d’autisme sont très invalidantes pour ceux qui le vivent.
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Le TDA/H (Trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité)
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La douance, l’hypersensibilité, les dys (dyslexie, dyspraxie, etc.)
Ce sont des différences, des façons singulières de percevoir et d’interagir avec le monde.
Je poursuis mes recherches sur le TSA et je découvre des signes qui résonnent très fort en moi :
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Les intérêts spécifiques et l’importance de ceux-ci dans l’équilibre intérieur quotidien
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L’hypersensorialité (lumière, bruit, odeurs…) et la surcharge sensorielle
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Les difficultés dans les relations intimes notamment dans une communication claire et authentique
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La difficultés sociales et le manque de code sociaux
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Le besoin de routines, de clarté, de moment de pauses
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Le masking – cette capacité à camoufler, à m’adapter jusqu’à m’oublier.
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Les moment de surcharge explosives, les moments d’effondrement liés aux trop-plein
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Les burn-out autistiques
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et puis toutes les comorbidités et autres dommages collatéraux pour pallier à la sur-adaptation du quotidien.
Et tout d’un coup, beaucoup de choses on prit sens pour moi?
Tous ces moments de décalage, d’incompréhension, cette sensation d’être “ton much” ou “pas comme les autres”, mes fatigues inexpliquées, mes anxiétés sociales, mes 2 burn-out, le fond de dépression qui a été présent dès l’enfance et m’a suivi longtemps. Petit à petit, mon puzzle s’assemblait.
Je regarde des heures et des heures de vidéos de personnes TSA.
Je pleure souvent. Je me sens vue, pour la première fois. Je me reconnais.
Alors je décide de prendre un rendez-vous pour un pré-bilan avec un psychologue spécialisé.
Une fois la séance réservée, je me suis effondrée en sanglot.
C’était pas moi qui pleurait, mais la petite fille en moi, qui trouvait enfin un espace pour respirer.
Ce rendez-vous a lieu le 18 mai 2024. Un an, tout juste.
Son résultat : positif, score de 45/50 (quand le seuil de doute est à 25).
Une confirmation. Pas pour m’enfermer dans une case. Ni même pour me coller une étiquette.
Non plus pour trouver des excuses à mes difficultés.
Mais pour Me comprendre. Pour m’accueillir. Pour me réconcilier.
Pour savoir qui je suis, comment je fonctionne, avec mes spécificités.
Les semaines qui ont suivi ont été difficiles.
Je l’ai traversé seule, j’en ai parlé à quelques amis proches seulement.
J’ai mis des mois à en parler à ma mère.
Je n’en ai jamais parlé au père de Noé.
Mais petit à petit, j’ose l’exprimer, mettre des mots dessus.
Un an après, tant de choses ont changé.
Ce chemin dans la mise en lumière de qui je suis, m’a apporté beaucoup de paix.
Je suis à travers cette quête devenue mon propre soutien.
Je m’autorise à respecter mon rythme, mes besoins, mes limites.
J’accueille mes “bizarreries”. Je suis plus douce avec moi-même.
Je vois mes zones de douleur, mais aussi mes zones de génie.
J’apprends à m’aimer exactement comme je suis.
Et ça, c’est précieux pour moi dont le chemin jusqu’à l’amour de soi a été long et difficile.
Si toi aussi tu ressens ce décalage intérieur, ce trop-plein, cette fatigue d’avoir à “jouer un rôle”…
Si toi aussi tu ressens qu’il y a autre chose à comprendre sur toi,
Sache que tu n’es pas seul.e.
Sache que des réponses existent.
Et qu’il n’est jamais trop tard pour se rencontrer vraiment.
Je trouvais important de te le partager.
Avec douceur et lumière,
Flore